Assistente editor: Hugo de Aguiar

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Souffle Minuano

Nos édifions notre vie sur nos racines…
Valorisez ces fondations si importantes
Ma passion pour « Rio Grande » est un supplice constant
Que le temps n’arrive pas à détruire!…

Vent qui souffle…
dans les sombres prairies de mon âme

Vent qui balaye…
les failles de mes souvenirs
Ou m’emmènes tu ? Vent égoïste
qui refroidis mon corps, et détruis mes espoirs

Vent...
qui balaies dans ton incessante galopade
le dernier équilibre de celle qui a aimé
comme on n’aime qu’une fois

Vent…
indolent, distant, inhumain
comme l’amour qui s’en est allé
et dans sa débandade…
une âme délaissée…
et une vie dépeuplée…

Vent...
chante les nausées de mon essence
siffle librement dans les champs lointains
Peut-être que l’errante raison
d’un autre quelqu’un

Qui, seul et triste
affligé par le départ d’une affection
trouve consolation dans le lourd chagrin de mon cœur
Solitaire… qui
dans les prairies de la vie
n’a plus de larmes pour pleurer
ni de voix pour interpeller
N’a plus de force pour aimer
car la grisaille des vieilles inactions
brisées par les rafales
nourries de subsistances jaunies par le froid
ont laissé à découvert les masses gelées
apathiques
Et ton souffle glisse sur ses épaules
de carences… centenaires

Sonde…
compte les antiques actions et les pauses
vieux « minuano » de mon enfance
Charrie mon esprit vers ma demeure
qu’elle repose dans la déflagration de ta raison

Cristal Poetisa (trad Fernando Oliveira)

Contrition

Je vois le monde abjurer l’infini
Les êtres plonger dans le gouffre
D’hier, le bien maintenant abominé
Les âmes moribondes succomber!…

Je vois la lumière, à chaque instant plus sombre…
L’homme qui n’est plus ce qu’il était
Je vois que chacun creuse sa zone d’ombre…
De Dieu, être de plus en plus éloigné!…

Je vois l’humanité en constante frénésie
Le monde tout entier en constante confusion
Comme jamais, la vie ne fut!…

Je ne vois dans les signes des temps, aucune issue
Que le monde se prépare pour la fin…
J’invite l’être à la contrition!…

Euclides Cavaco


(trad, Fernando Oliveira)

L’oiseau repassera

Le voilà qui arrive
sur ma fenêtre, l’oiseau

Est-il le même?

Il a la même façon de chanter

Non !... Je m’abuse
les accords sont différents
tonalité digitale de notes alertes
que m’arrachent un profond soupir

Comme si j'oyais, un oiseau venu d’ailleurs!
je deviens muette statue
chant allègre, mais pas trop

Puis, un bémol vivace
dans un crescendo improvisé …
et un majestueux terminus

Alors, je ne me contiens plus
insensé, j’esquisse un geste
que le fait voleter de frayeur

Je l’ai effarouché!

L’ai-je perdu pour toujours?

Il ne reste qu’une minuscule plume
si délicate…
imprégné de tenaces sons
sur le rebord de la fenêtre

Viendra-t-il encore, un jour?

Scyla Bertoja ( trad Fernando Oliveira )

Le lac des Cygnes

Sont blanc cuivrés
les tons nocturnes
dans le miroir lucide du lac

Laissant ouïr
les chants espacés
des Cygnes
argentés

Ombres chinoises
dans les yeux de la lune

Les gorges sensuelles
rachetés
à la nudité de l’eau

Jorge Humberto (trad, Fernando Oliveira)

simplement le sel dans l'eau

regarde, je vais à la mer

avec lui j’ai un rapport
plus conciliateur que tragique
le poème ne périt pas dans ses flots
striés, balcons béants

en vérité, aucune lettre me dévore
ni périssent dans le style, mes propos

la mer écrit en moi

si en lui, je plonge mes émotions
il enfle, comme une solide patrie

ensemble nous sommes douceur et indomptable mouvement

réflexions fluides d’un verbe sans ambiguïté
sans effort, ni dessein

sommes simplement
le sel dans l’eau.

Tradução : Fernando Oliveira, do original – simplesmente o sal na água – de Sonia Regina, in, Dez Rostos da Poesia Lusófona

Sans inquiétudes

Pour toi

Pour toi…
J’ai déchiré les horizons du monde
Et labouré
Parcelles pleines de passion
Pour toi…
J’ai parcouru des vallées, gravi les cimes
Et souffert
De mille tourments et solitudes

Pour toi…
J’ai oublié qui j’étais
Pour pouvoir
Prétendre à ton amour
Pour toi…
J’ai transformé l’hiver… en printemps
Et plongé… alors
Dans la tragédie de Roméo

Pour toi…
J’ai quitté mon trône de roi
Devenant un esclave soumis
A ton vouloir
Pour toi…
J’ai laissé mon âme à l’abandon
Car j’avais peur
De te perdre un jour

Pour toi…
Je suis redevenu un enfant
Suivant aveuglement
Tes goûts
Pour toi…
Je fut, un éternel pérégrin
Croisant tes pas

Pour toi…
J’ai éparpillé des cierges pour allumer
Les flammes de l’amour
De nous baisers
Pour toi…
Tout à été toujours, concorde
J’ai toujours respecté
La plus délicate voix
De tes désirs

Euclides Cavaco, do original "Para ti" ( trad: Fernando Oliveira )

illusion

nous vivons
entre l’amour
et la peur

notre étoile
est le chemin
construit
par le subterfuge

que le temps
illusion
nous exhorte
à parcourir

ludus ( trad Fernando Oliveira )
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Temps

Je ne suis plus rien… je ne veux plus rien…

Oh...Temps ! … Je ne te demande qu’une chose

fige ma souffrance et tranquillise mon cœur

Ne me laisse plus subir l'absolue passion
prends-moi dans tes bras… réconforte-moi…
sèche mes larmes, prend ma peine solitaire
Je t’en prie

Oh... Temps ! … défile hâtivement
emporte mes supplices avec toi … aie pitié de moi

Fátima Mordomo ( trad Fernando Oliveira )
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Passion

De sang
d’ailes
de peau
et du courage aussi
d’être totale
est faite ma passion.

De l’inquiétude
constante
requête jamais tarie
de la fiévreuse fascination
pour les mirages
que m’excitent.

De cette passion pour la vie
extravagante
et osée
fleurit résolue
la poésie
que j’écris.

Ma passion.

Jade Dantas, do original « Paixão » (Trad : Fernando Oliveira)

Le pont de l’amour commun

Tout ce que j’ai aimé ! Fut commun.
Les astres. Avec ses scintillants poissons.
La mer. Avec son carnaval d’ondes.
L’odeur des fleurs. Et l’extase des couleurs.
La magnificence de la vérité
avec ses artifices, et tous ses mythes créateurs

Tout…. Fut amour commun ! Je me suis répandue
parmi ceux que j’aime, à l’intérieur du miroir de la vie.
Jusqu'à l’affirmation de ma dernière attente.
C’est pour cela. Que je m’aime !…
Car je suis un florilège d’amour, avec une sensibilité plurale
qui irrigue toutes les fibres de mon Être.

Mes rivages d’accueil, non pas de limites, érigés dans le souterrain de ma voix
pour la communauté

Quand je serais ! Une seule chose
uniformisée !
Alors... je ferais taire les circonstances.
Toujours, j’aimerais avec démesure, recréant un espace rempli d’amour total.
Entre mes errances et le monde
existe un passage
qui mène à l’abandon plural.
Je ne sais pas être. Sans tous les êtres
car mes mains ont besoin de leurs ondes
comme l’aurore à besoin de chimères.
Tout me conquiert !
Raison de mon état. De mon orthodoxie

En moi. L’amour ?! Sera toujours commun

Ana Sanka (trad, Fernando Oliveira)

paderna

dans l’ample ceinturon d’ombres
le passé m’érode et me défait
retraçant en moi
la salive chaude de la montagne

le château et le palace sont bordures
imaginés par le regard du poète
qui en consolant la pluie
oublie d’écrire

y a pas que les anges qui se mouillent
ils n’ont que la couleur de la souplesse
puisque incarnent des enfants
qui n’ont pas appris a calculer

seulement le poète calque dans la maison
sa mémoire et son futur

Tradução : Fernando Oliveira, do original – Paderna – de Jorge Vicente, in Dez Rostos da Poesia Lusófona.

Héros de magie

Gentilhomme de mes chimères
Puisque tu es mon idéal masculin, je ne veux pas te rectifier
Puisque tu es mon vœu de femme, je ne veux pas raisonner
Puisque la vie est ma fougue, je ne demande pas l’amour absolu
Puisque j’aspire l’éternité, je n’exige pas de constance
De toi !. Je veux simplement
La synergie des sensations de tes sages mains
L’intuition savoureuse et lénitive de ton corps tendresse
L’alchimie flavescente et la magie de ton tempérament
La petite mort dans ton couronnement.

Sara Rafael (trad Fernando Oliveira)